mercredi 18 février 2015

Cimetière profané de Sarre-Union : le « mobile antisémite » apparaît « clairement »

Cimetière profané de Sarre-Union : le « mobile antisémite » apparaît « clairement »



Le procureur de Saverne a demandé mercredi 18 février la mise en examen des cinq mineurs interpellés lundi pour « profanation de sépultures en raison de la religion des défunts » et « dégradation de biens » en réunion. Les adolescents avaient été interpellés lundi après la profanation de deux cent cinquante tombes du cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin). Un acte d'une ampleur inédite depuis 1992.



Lors d'un point presse, le procureur Philippe Vannier a estimé, mercredi après-midi, qu'au vu des éléments de l'enquête, le « mobile antisémite » apparaissait « clairement » dans cette affaire, « malgré les dénégations des intéressés. » M. Vannier a précisé que les adolescents avaient décrit au cours de leurs auditions des « gestes et paroles révélatrices », comme des « saluts nazis », des crachats sur des symboles juifs, ou le fait d'avoir prononcé les mots « sales juifs », « sale race », « Heil Hitler » ou « Sieg Heil ». Certains ont également admis avoir « uriné sur des tombes »



« FRÉNÉSIE COLLECTIVE »



Le procureur a par ailleurs requis contrôle judiciaire des cinq adolescents, âgés de 15 à 17 ans et le placement dans un centre éducatif, précisant qu'il s'agirait d'un foyer fermé pour deux d'entre eux. Tous « ont reconnu leur participation aux dégradations », mais, selon les éléments d'enquête, l'un d'entre eux avait de l'ascendant sur les autres.



« Il semble, du recoupement de leurs déclarations, qu'un premier acte de dégradation ait eu lieu et que ce premier ait déclenché une sorte de frénésie collective chez ces jeunes qui les aurait conduits au saccage des sépultures. »



Les cinq mineurs ont désormais interdiction de se rendre à Sarre-Union et de se rencontrer. Ils devront en outre participer à la remise en état du cimetière, a précisé le procureur.



Originaires de la région, les cinq jeunes hommes ne présentaient aucun « antécédent judiciaire », avait indiqué le magistrat, lundi 16 février. Ils n'avaient, jusqu'à présent, manifesté aucune conviction qui pourrait expliquer leurs comportements, avait-il précisé. Lundi matin, l'un d'entre eux, âgé 15 ans et demi, s'est présenté à la brigade de gendarmerie de Sarre-Union pour se dénoncer en disant qu'il avait participé aux faits et mettre en cause quatre autres garçons.



Mardi, le chef de l'Etat s'était rendu dans le cimetière profané et avait appelé au « sursaut national », lors d'une cérémonie. « Profaner, c'est insulter toutes les religions et souiller la République », a souligné le président, qui était accompagné du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et de son homologue du Sénat, Gérard Larcher.








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