Laccord de Minsk, « seize heures qui peuvent sauver le monde »
La presse russe a consacré toutes ses « unes » et ses gros titres, vendredi 13 février, au sommet de Minsk dont elle salue, dans lensemble, la signature, avec prudence. Le quotidien Moskovski Komsomolets (MK), qui tire à deux millions dexemplaires, a barré sa « une » dun bandeau optimiste, « La lumière de Minsk au bout du tunnel », tempéré par le titre de sa manchette avec un point dinterrogation : « Bonne matinée, Donbass ? » Le journal, qui publie une carte du conflit dans lest de lUkraine avec les positions des séparatistes prorusses, parle « despoir » tout en relevant que les quatre chefs dEtat présents dans la capitale biélorusse pour superviser ce plan de paix, Vladimir Poutine, François Hollande, Petro Porochenko et Angela Merkel, « ont refusé de faire une conférence de presse commune ». « Hollande et Merkel vont-ils recevoir le prix Nobel de la paix ? » sinterroge, mi-figue mi-raisin, le chroniqueur.
Avec humour, MK sinterroge aussi sur la performance physique des quatre dirigeants « androïdes » qui ont mené les discussions sans discontinuer pendant 16 heures : « Des pourparlers aussi longs confirment que le monde est dirigé par des extraterrestres ». Le quotidien Izvestia a choisi pour sa part un titre sobre, « Le marathon de Minsk », accompagné de ce commentaire : « Les pourparlers sur les problèmes ukrainiens ont été longs mais concluants ». Ils « ont convenu aux représentants des DNR et LPR » (républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk), relève Izvestia qui note, a contrario, que le « résultat des pourparlers peut jouer beaucoup sur le sort de Petro Porochenko », confronté, croit savoir le quotidien, « à une élite ukrainienne très mécontente » de ce qui a été signé. Au passage, Izvestia souligne aussi que la visite du président français et de la chancelière allemande dans la capitale de la Biélorussie, considérée à louest comme la « dernière dictature dEurope », « était inimaginable il y a encore un an ».
« Un bon matin »
Les analyses sont rares dans la presse russe qui choisit de raconter parfois par le menu les détails sans importance du sommet, à limage du journal Kommersant. Le quotidien populiste Komsomolskaïa Pravda se contente pour sa part de publier une photo joyeuse de Vladimir Poutine avec la citation ironique de son début dallocution à lissue du sommet, « Ce nest pas la meilleure nuit de ma vie mais un bon matin », et de reprendre tous les mots du compte rendu de la rencontre publié sur le site du Kremlin sans autre forme.
Dans son ensemble, la presse russe joue beaucoup sur la façon de dire bonjour, en russe, qui se dit aussi bon matin en début de journée. Rossiskaïa Gazeta titre ainsi « Bonne matinée » tout en accordant, plus que ses confrères, de limportance aux photos. La poignée de mains entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko, « qui donne de lespoir » aux deux pays, est ainsi montrée en gros plan. Dans les pages intérieures tous les acteurs apparaissent, la mine grave ou préoccupée. Certains, comme le président ukrainien, ont loreille collée à leurs téléphones portables.
« Première mine »
Autre jeu de mot du journal économique Vedomosti : « Les dirigeants européens se sont séparés avec la paix ». Le mot paix et monde se disant de la même façon en russe, on peut entendre aussi quils se sont séparés du monde Vedomosti ne tait pas ses doutes sur le respect de laccord de Minsk : « Le traité, souligne-t-il, peut exploser sur la première mine comprise dedans ». Et cette mine a un nom : « Le sort des militaires ukrainiens encerclés à Debalstevo », dans lest de lUkraine, devenu, depuis quelques jours, le point chaud du conflit.
Pour Novaïa Gazeta, lune des rares voix critiques envers le pouvoir de la presse écrite russe, « un cessez-le-feu, même mauvais, est toujours mieux quune bonne guerre ». Minsk, titre le journal qui veut y croire, cest dabord, même sans illusions, « seize heures qui peuvent sauver le monde ».
La presse russe a consacré toutes ses « unes » et ses gros titres, vendredi 13 février, au sommet de Minsk dont elle salue, dans lensemble, la signature, avec prudence. Le quotidien Moskovski Komsomolets (MK), qui tire à deux millions dexemplaires, a barré sa « une » dun bandeau optimiste, « La lumière de Minsk au bout du tunnel », tempéré par le titre de sa manchette avec un point dinterrogation : « Bonne matinée, Donbass ? » Le journal, qui publie une carte du conflit dans lest de lUkraine avec les positions des séparatistes prorusses, parle « despoir » tout en relevant que les quatre chefs dEtat présents dans la capitale biélorusse pour superviser ce plan de paix, Vladimir Poutine, François Hollande, Petro Porochenko et Angela Merkel, « ont refusé de faire une conférence de presse commune ». « Hollande et Merkel vont-ils recevoir le prix Nobel de la paix ? » sinterroge, mi-figue mi-raisin, le chroniqueur.
Avec humour, MK sinterroge aussi sur la performance physique des quatre dirigeants « androïdes » qui ont mené les discussions sans discontinuer pendant 16 heures : « Des pourparlers aussi longs confirment que le monde est dirigé par des extraterrestres ». Le quotidien Izvestia a choisi pour sa part un titre sobre, « Le marathon de Minsk », accompagné de ce commentaire : « Les pourparlers sur les problèmes ukrainiens ont été longs mais concluants ». Ils « ont convenu aux représentants des DNR et LPR » (républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk), relève Izvestia qui note, a contrario, que le « résultat des pourparlers peut jouer beaucoup sur le sort de Petro Porochenko », confronté, croit savoir le quotidien, « à une élite ukrainienne très mécontente » de ce qui a été signé. Au passage, Izvestia souligne aussi que la visite du président français et de la chancelière allemande dans la capitale de la Biélorussie, considérée à louest comme la « dernière dictature dEurope », « était inimaginable il y a encore un an ».
« Un bon matin »
Les analyses sont rares dans la presse russe qui choisit de raconter parfois par le menu les détails sans importance du sommet, à limage du journal Kommersant. Le quotidien populiste Komsomolskaïa Pravda se contente pour sa part de publier une photo joyeuse de Vladimir Poutine avec la citation ironique de son début dallocution à lissue du sommet, « Ce nest pas la meilleure nuit de ma vie mais un bon matin », et de reprendre tous les mots du compte rendu de la rencontre publié sur le site du Kremlin sans autre forme.
Dans son ensemble, la presse russe joue beaucoup sur la façon de dire bonjour, en russe, qui se dit aussi bon matin en début de journée. Rossiskaïa Gazeta titre ainsi « Bonne matinée » tout en accordant, plus que ses confrères, de limportance aux photos. La poignée de mains entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko, « qui donne de lespoir » aux deux pays, est ainsi montrée en gros plan. Dans les pages intérieures tous les acteurs apparaissent, la mine grave ou préoccupée. Certains, comme le président ukrainien, ont loreille collée à leurs téléphones portables.
« Première mine »
Autre jeu de mot du journal économique Vedomosti : « Les dirigeants européens se sont séparés avec la paix ». Le mot paix et monde se disant de la même façon en russe, on peut entendre aussi quils se sont séparés du monde Vedomosti ne tait pas ses doutes sur le respect de laccord de Minsk : « Le traité, souligne-t-il, peut exploser sur la première mine comprise dedans ». Et cette mine a un nom : « Le sort des militaires ukrainiens encerclés à Debalstevo », dans lest de lUkraine, devenu, depuis quelques jours, le point chaud du conflit.
Pour Novaïa Gazeta, lune des rares voix critiques envers le pouvoir de la presse écrite russe, « un cessez-le-feu, même mauvais, est toujours mieux quune bonne guerre ». Minsk, titre le journal qui veut y croire, cest dabord, même sans illusions, « seize heures qui peuvent sauver le monde ».
Laccord de Minsk, « seize heures qui peuvent sauver le monde »
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