Grèce : lEurope entre déception et inquiétude
Le « cas grec » est à nouveau au menu de lEurope, jeudi 12 février. Après un premier rendez-vous raté, mercredi soir, à loccasion de la réunion des ministres des finances de la zone euro (Eurogroupe), ce sont les chefs dEtat et de gouvernement de lUnion qui sen emparent, à la faveur dun Conseil européen informel qui débute en soirée
Les Européens espèrent quà cette occasion, le premier ministre grec, Alexis Tsipras pour qui il sagit du premier « vrai » rendez-vous sur la scène européenne enverra un signal de bonne volonté. Une rencontre bilatérale pourrait avoir lieu entre M. Tsipras et la chancelière allemande Angela Merkel, un des rares dirigeants européens quil nait pas encore rencontré, et qui est pourtant incontournable dans la négociation qui sest engagée entre la Grèce et ses créanciers pour renégocier son énorme dette.
« Je suis sûr que tous ensemble nous pouvons trouver une solution viable pour soigner les blessures causées par l'austérité, a estimé M. Tsipras à son arrivée au sommet européen. Nous sommes à un tournant crucial pour l'Europe. »
Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui a déjà rencontré deux fois M. Tsipras, devait, en début de Conseil, appeler les chefs d'Etat et de gouvernement à trouver un accord, dans l'intérêt commun de la zone euro.
La réunion de lEurogroupe, qui a été improductive, a, toutefois, laissé des traces dans les esprits, selon plusieurs sources européennes interrogées jeudi. Les Européens apparaissent très déçus de ce rendez-vous raté et commencent à émettre des doutes sur la possibilité darriver à quelque chose de suffisamment consistant lundi 16 février, lors dun nouvel Eurogroupe.
De fait, les ministres des finances de la zone euro ont passé près de six heures à travailler sur le texte dun accord. Selon plusieurs sources, ce texte avait reçu, à un moment dans la soirée, laccord des 19 représentants des pays de la zone euro, y compris la partie grecque. Ce texte « était plutôt satisfaisant pour les Grecs, puisquil évitait de mentionner la troïka des créanciers [Banque centrale et Commission européennes, Fonds monétaire international], on parlait d'"institutions" », rapporte une source.
Le « draft » mentionnait aussi une extension du deuxième plan daide financier à la Grèce, qui sachève théoriquement le 28 février, mais « en tenant compte des nouveaux projets du gouvernement » grec. Il sagissait, en loccurrence, de se donner de la marge pour négocier, dans les jours ou les semaines qui viennent, entre Athènes et le reste de leurozone, une liste de réformes à mettre en place en Grèce, tenant compte de la volonté politique de M. Tsipras den finir avec laustérité.
Mais, après un coup de téléphone à Athènes avec M. Tsipras, Yanis Varoufakis, le ministre des finances grec, est revenu sur le contenu du « draft ». « Cette stratégie a détruit beaucoup de bonne volonté de la part des Européens. Ils étaient prêts à signer mercredi soir », souligne une source, inquiète.
Le dialogue nest pas rompu
Dès lors, cest la nouvelle réunion de lEurogroupe, prévue de longue date lundi 16 février, qui sannonce décisive : elle est présentée comme le rendez-vous de la dernière chance pour trouver un accord entre Athènes et le reste de lEurozone.
Pour formaliser cet accord, il faudra toutefois que les engagements du gouvernement grec soient suffisamment précis. Que celui-ci donne au moins une idée des réformes quil pourrait mettre en place, car bon nombre des mesures sur lesquelles le précédent gouvernement grec sétait engagé ne sont toujours pas sur les rails.
Il faudra aussi que, si un accord est trouvé, il soit de susceptible dêtre « défendu » par les gouvernements allemand, néerlandais, autrichien, et finlandais qui devront le faire avaliser par leurs parlements respectifs. Cela va demander un gros travail entre techniciens de la troïka des créanciers et les équipes du gouvernement Tsipras. Ces dernières étaient à Bruxelles encore jeudi. Le dialogue nest pas rompu, selon plusieurs sources. Mais la volonté politique dun accord rapide est-elle encore là ?
Le « cas grec » est à nouveau au menu de lEurope, jeudi 12 février. Après un premier rendez-vous raté, mercredi soir, à loccasion de la réunion des ministres des finances de la zone euro (Eurogroupe), ce sont les chefs dEtat et de gouvernement de lUnion qui sen emparent, à la faveur dun Conseil européen informel qui débute en soirée
Les Européens espèrent quà cette occasion, le premier ministre grec, Alexis Tsipras pour qui il sagit du premier « vrai » rendez-vous sur la scène européenne enverra un signal de bonne volonté. Une rencontre bilatérale pourrait avoir lieu entre M. Tsipras et la chancelière allemande Angela Merkel, un des rares dirigeants européens quil nait pas encore rencontré, et qui est pourtant incontournable dans la négociation qui sest engagée entre la Grèce et ses créanciers pour renégocier son énorme dette.
« Je suis sûr que tous ensemble nous pouvons trouver une solution viable pour soigner les blessures causées par l'austérité, a estimé M. Tsipras à son arrivée au sommet européen. Nous sommes à un tournant crucial pour l'Europe. »
Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui a déjà rencontré deux fois M. Tsipras, devait, en début de Conseil, appeler les chefs d'Etat et de gouvernement à trouver un accord, dans l'intérêt commun de la zone euro.
La réunion de lEurogroupe, qui a été improductive, a, toutefois, laissé des traces dans les esprits, selon plusieurs sources européennes interrogées jeudi. Les Européens apparaissent très déçus de ce rendez-vous raté et commencent à émettre des doutes sur la possibilité darriver à quelque chose de suffisamment consistant lundi 16 février, lors dun nouvel Eurogroupe.
De fait, les ministres des finances de la zone euro ont passé près de six heures à travailler sur le texte dun accord. Selon plusieurs sources, ce texte avait reçu, à un moment dans la soirée, laccord des 19 représentants des pays de la zone euro, y compris la partie grecque. Ce texte « était plutôt satisfaisant pour les Grecs, puisquil évitait de mentionner la troïka des créanciers [Banque centrale et Commission européennes, Fonds monétaire international], on parlait d'"institutions" », rapporte une source.
Le « draft » mentionnait aussi une extension du deuxième plan daide financier à la Grèce, qui sachève théoriquement le 28 février, mais « en tenant compte des nouveaux projets du gouvernement » grec. Il sagissait, en loccurrence, de se donner de la marge pour négocier, dans les jours ou les semaines qui viennent, entre Athènes et le reste de leurozone, une liste de réformes à mettre en place en Grèce, tenant compte de la volonté politique de M. Tsipras den finir avec laustérité.
Mais, après un coup de téléphone à Athènes avec M. Tsipras, Yanis Varoufakis, le ministre des finances grec, est revenu sur le contenu du « draft ». « Cette stratégie a détruit beaucoup de bonne volonté de la part des Européens. Ils étaient prêts à signer mercredi soir », souligne une source, inquiète.
Le dialogue nest pas rompu
Dès lors, cest la nouvelle réunion de lEurogroupe, prévue de longue date lundi 16 février, qui sannonce décisive : elle est présentée comme le rendez-vous de la dernière chance pour trouver un accord entre Athènes et le reste de lEurozone.
Pour formaliser cet accord, il faudra toutefois que les engagements du gouvernement grec soient suffisamment précis. Que celui-ci donne au moins une idée des réformes quil pourrait mettre en place, car bon nombre des mesures sur lesquelles le précédent gouvernement grec sétait engagé ne sont toujours pas sur les rails.
Il faudra aussi que, si un accord est trouvé, il soit de susceptible dêtre « défendu » par les gouvernements allemand, néerlandais, autrichien, et finlandais qui devront le faire avaliser par leurs parlements respectifs. Cela va demander un gros travail entre techniciens de la troïka des créanciers et les équipes du gouvernement Tsipras. Ces dernières étaient à Bruxelles encore jeudi. Le dialogue nest pas rompu, selon plusieurs sources. Mais la volonté politique dun accord rapide est-elle encore là ?
Grèce : lEurope entre déception et inquiétude
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