samedi 7 mars 2015

De ce côté de l'Alzette

Visite de François Hollande au Luxembourg

De ce côté de l'Alzette




Le Luxembourg a décidé de mettre le paquet pour la visite officielle du Président français. Accueil en grande pompe au Palais en début de matinée, déjeuner de travail au château de Senningen avec la plupart des ministres luxembourgeois, visite d'un des fleurons de l'économie à Betzdorf, séance découverte du projet de Belval et pour finir, un dîner de gala en présence du couple grand-ducal. Un programme bien chargé donc, qui doit donner une autre image du Luxembourg.



Il faut dire qu'en dehors de Paris, la vie aux frontières de la République paraît bien lointaine. Et si le Luxembourg est effectivement cité, c'est bien souvent en tant que "paradis" capable des pires tours de passe-passe pour le compte de multinationales.

Du vieux, du neuf et des histoires de longue date



De ce côté de l'Alzette, lorsqu'il s'agit de parler des relations 
franco-luxembourgeoises, on pense aux 80.000 navetteurs français qui traversent la frontière pour venir travailler au Luxembourg ou encore au projet devant insuffler une nouvelle vie sur les anciennes friches industrielles de Belval.



Il n'empêche qu'ici et là, le Luxembourg grince aussi des dents face à une administration française moins réactive et voit d'un mauvais oeil la prolongation de la durée de vie de la centrale nucléaire vieillissante de Cattenom.

Coup d'accélérateur et transition



Il y a ainsi dans les relations entre le Luxembourg et la France de la friture sur la ligne, et cette visite du président français peut être l'occasion d'un nouvel élan. «Il nous faut sortir des clichés et mettre l'accent sur les liens qui unissent les deux pays. La visite officielle peut donner un coup d'accélérateur à la coopération transfrontalière», note Philippe Cordery, député des Français du Benelux à l'Assemblée nationale.



Mais au-delà du volet transfrontalier, il y a les dossiers internationaux moins consensuels. Il faut dire que sur la crise grecque ou encore la fiscalité, Luxembourg et Paris sont loin de préconiser les mêmes remèdes. Les pratiques fiscales du Luxembourg feront en tout cas bien l'objet de discussions, alors qu'une entrevue en aparté est prévue entre Pierre Gramegna et son homologue français Michel Sapin.



Et puis, il y a les divergences en terme de transition énergétique. La France ne compte pas renoncer à l'énergie nucléaire et à l'industrie qui s'y rattache. Elle promet certes de réduire la part dans sa consommation finale d'ici à 2025, mais n'entend pas sortir complètement du nucléaire. N'en déplaise au Luxembourg, la fermeture de Cattenom n'est pas pour tout de suite.



Reste à voir si le gouvernement luxembourgeois abordera ouvertement les sujets qui fâchent.








De ce côté de l'Alzette

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