Minsk, capitale improbable des négociations entre lUkraine et la Russie
Il aura fallu la menace dune « guerre totale » au sein de lEurope, selon lexpression de François Hollande, pour que deux chefs dEtat européens, le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, fassent le déplacement à Minsk, capitale de la Biélorussie.
Depuis lindépendance de ce petit pays dun peu plus de 9 millions dhabitants, acquise en 1991, après la disparition de lURSS, aucun dirigeant de Paris ni de Berlin ny avait mis les pieds. La dernière visite dun dirigeant français est celle de Georges Pompidou, en 1973 ; celle dun chef dEtat allemand remonte à la seconde guerre mondiale. Alexandre Loukachenko, élu à la tête de Biélorussie à quatre reprises depuis 1994, interdit de visa aux Etats-Unis et en Europe depuis 2011 en raison du régime autoritaire quil a mis en place, peut se frotter les mains : Minsk, capitale de la « dernière dictature dEurope » aux yeux de lOccident devient, par la force des choses, la capitale des efforts diplomatiques en cours pour sauver lUkraine. La capitale biélorusse est un territoire neutre, où Vladimir Poutine peut se rendre sans être inquiété par des manifestations.
Cest ici, déjà, que le premier accord en douze points censé imposer un cessez-le-feu en Ukraine avait été signé le 5 septembre 2014, le dernier endroit aussi où Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Petro Porochenko, sétaient retrouvés face à face, peu avant la signature du protocole. Minsk 1 na jamais été réellement respecté, et le conflit a empiré. Minsk 2 sest imposé après une nouvelle offensive du camp prorusse, en janvier.
Centre de conférence flambant neuf
Vladimir Poutine, Petro Porochenko, François Hollande et Angela Merkel ont donc entamé les discussions mercredi 11 février dans la soirée à Minsk, pour tenter de parvenir à un nouvel accord de cessez-le-feu, alors que, dans lest de lUkraine, les combats entre forces loyales à Kiev et séparatistes prorusses redoublaient. Pour accueillir des hôtes inhabituels qui ont été précédés plus tôt dans la journée par leurs sherpas, Alexandre Loukachenko a ouvert les portes dun centre de conférence flambant neuf.
Inauguré en octobre 2013, le palais de lIndépendance, avec ses immenses couloirs revêtus de marbre et ornés de lustres plongeants de taille gigantesque, na servi que cinq fois jusquici. La première rencontre denvergure sy est tenue le 26 août 2014 : la réunion de lUnion douanière, de lUnion européenne et de lUkraine sur le Partenariat oriental, en présence de Vladimir Poutine et de Petro Porochenko. La dernière a eu lieu le 29 janvier : une conférence de presse du président Loukanchenko qui a discouru devant 246 journalistes biélorusses durant sept heures.
Cette fois, ce sont près de 500 journalistes et correspondants internationaux, dont beaucoup ont fait le déplacement de Moscou, qui sont sur place. Dans les couloirs, les commentaires allaient bon train sur les chances de parvenir à un accord dans la nuit, et chacun scrutait les dernières déclarations des protagonistes. Depuis plus de vingt-quatre heures, la capitale biélorusse vit ainsi au rythme des tensions provoquées par le conflit en Ukraine, dont la frontière est distante dà peine 250 kilomètres. Au sud, quasiment à équidistance, cest la frontière avec la Russie. « Loukachenko, on laime ou on laime pas, mais grâce à lui on a la paix, ce nest pas comme en Ukraine », confiait une habitante. A 18 heures, heure locale, mercredi, François Hollande est arrivé à laéroport de Minsk, suivi de peu par Angela Merkel. Les deux dirigeants ont ensuite pris la même voiture pour se rendre au palais de Loukachenko, hôte dune réunion susceptible de se prolonger tard dans la nuit.
Il aura fallu la menace dune « guerre totale » au sein de lEurope, selon lexpression de François Hollande, pour que deux chefs dEtat européens, le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, fassent le déplacement à Minsk, capitale de la Biélorussie.
Depuis lindépendance de ce petit pays dun peu plus de 9 millions dhabitants, acquise en 1991, après la disparition de lURSS, aucun dirigeant de Paris ni de Berlin ny avait mis les pieds. La dernière visite dun dirigeant français est celle de Georges Pompidou, en 1973 ; celle dun chef dEtat allemand remonte à la seconde guerre mondiale. Alexandre Loukachenko, élu à la tête de Biélorussie à quatre reprises depuis 1994, interdit de visa aux Etats-Unis et en Europe depuis 2011 en raison du régime autoritaire quil a mis en place, peut se frotter les mains : Minsk, capitale de la « dernière dictature dEurope » aux yeux de lOccident devient, par la force des choses, la capitale des efforts diplomatiques en cours pour sauver lUkraine. La capitale biélorusse est un territoire neutre, où Vladimir Poutine peut se rendre sans être inquiété par des manifestations.
Cest ici, déjà, que le premier accord en douze points censé imposer un cessez-le-feu en Ukraine avait été signé le 5 septembre 2014, le dernier endroit aussi où Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Petro Porochenko, sétaient retrouvés face à face, peu avant la signature du protocole. Minsk 1 na jamais été réellement respecté, et le conflit a empiré. Minsk 2 sest imposé après une nouvelle offensive du camp prorusse, en janvier.
Centre de conférence flambant neuf
Vladimir Poutine, Petro Porochenko, François Hollande et Angela Merkel ont donc entamé les discussions mercredi 11 février dans la soirée à Minsk, pour tenter de parvenir à un nouvel accord de cessez-le-feu, alors que, dans lest de lUkraine, les combats entre forces loyales à Kiev et séparatistes prorusses redoublaient. Pour accueillir des hôtes inhabituels qui ont été précédés plus tôt dans la journée par leurs sherpas, Alexandre Loukachenko a ouvert les portes dun centre de conférence flambant neuf.
Inauguré en octobre 2013, le palais de lIndépendance, avec ses immenses couloirs revêtus de marbre et ornés de lustres plongeants de taille gigantesque, na servi que cinq fois jusquici. La première rencontre denvergure sy est tenue le 26 août 2014 : la réunion de lUnion douanière, de lUnion européenne et de lUkraine sur le Partenariat oriental, en présence de Vladimir Poutine et de Petro Porochenko. La dernière a eu lieu le 29 janvier : une conférence de presse du président Loukanchenko qui a discouru devant 246 journalistes biélorusses durant sept heures.
Cette fois, ce sont près de 500 journalistes et correspondants internationaux, dont beaucoup ont fait le déplacement de Moscou, qui sont sur place. Dans les couloirs, les commentaires allaient bon train sur les chances de parvenir à un accord dans la nuit, et chacun scrutait les dernières déclarations des protagonistes. Depuis plus de vingt-quatre heures, la capitale biélorusse vit ainsi au rythme des tensions provoquées par le conflit en Ukraine, dont la frontière est distante dà peine 250 kilomètres. Au sud, quasiment à équidistance, cest la frontière avec la Russie. « Loukachenko, on laime ou on laime pas, mais grâce à lui on a la paix, ce nest pas comme en Ukraine », confiait une habitante. A 18 heures, heure locale, mercredi, François Hollande est arrivé à laéroport de Minsk, suivi de peu par Angela Merkel. Les deux dirigeants ont ensuite pris la même voiture pour se rendre au palais de Loukachenko, hôte dune réunion susceptible de se prolonger tard dans la nuit.
Minsk, capitale improbable des négociations entre lUkraine et la Russie
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