Les sportifs à la merci de leur horloge interne
Et si Usain Bolt était juste un oiseau de nuit ? Et si le secret des grands champions tenait avant tout à leur rythme biologique ? Cest lhypothèse quavance une équipe de luniversité de Birmingham dans un article publié le 29 janvier dans la très sérieuse revue Current Biology. Au terme dune étude particulièrement détaillée, les chercheurs concluent que les performances physiques des sportifs - en loccurrence, des joueurs et joueuses de hockey sur gazon et de squash - peuvent varier de 26 % suivant les heures de la journée et que lève-tôt et lève-tard ne seront pas égaux face à la pendule.
Jusquici, des études avaient suggéré que les meilleures performances étaient obtenues le soir. Sans doute était-ce dû au hasard, mais cet horaire se trouvait coïncider avec les heures de plus fortes audiences télévisées La nouvelle étude bat ce résultat en brèche et souligne limportance du rythme biologique de chacun.
Lalouette et le hibou. Cela pourrait sonner comme une comptine pour enfant. Cest juste la métaphore qua choisie le département de biologie de luniversité de Birmingham pour étudier et différencier le rythme de 120 athlètes britanniques de niveau national. Pour être plus précis, après avoir été observés et interrogés, ils ont été classées en trois groupes : les lève-tôt, les couche-tard et les intermédiaires.
Les scientifiques en ont ensuite retenus vingt, représentant les trois catégories. Et les ont soumis à des tests cardiovasculaires à six moments de la journée. Les lève-tôt ont atteint leur pic de performance entre midi et 13 heures, les intermédiaires vers 16 heures et les couche-tard, autour de 20 heures. Jusquici, rien débouriffant.
Les oiseaux de nuit handicapés au réveil
Sauf que les différences apparaissent considérables : 7,6 % pour les matinaux, 10 % pour les intermédiaires et jusquà 26 % pour les oiseaux de nuit, particulièrement handicapés au réveil. « Quand on sait quune variation de 1 % peut séparer le 1er et le 4e dune finale olympique, imaginez ce que donne 26 % », insiste Roland Brandstaetter, professeur de biologie animale à Birmingham et cosignataire de létude.
Pour réduire les différences, peut-être suffit-il déveiller nos champions à la même heure ? Ou du moins, dobserver les performances en fonction de lheure naturelle de lever de chacun. Le résultat savère convaincant pour les deux premières catégories, qui atteignent leur pic de forme après le même temps de vie active - moins dune heure décart. Mais les hiboux restent des hiboux : eux mettent quatre heures de plus que les autres à trouver leur meilleure carburation.
Forts de ces résultats, les scientifiques invitent les entraîneurs à bien mesurer limportance des rythmes des athlètes. Déviter de les perturber inutilement lors des multiples voyages ou événements destinés à satisfaire les sponsors. Et de choisir avec soin leur moment, sils veulent optimiser la performance de leur poulain. Encore faut-il pouvoir le faire. Difficile de modifier lhoraire tardif dune finale de sprint ou lheure matinale dun marathon... « Dans ce cas, il faut sadapter, se préparer, revoir ses rythmes dentrainement, de lever, de coucher. La différence entre un lève-tôt et un couche-tard sexplique pour moitié par des facteurs génétiques, pour lautre moitié par des facteurs environnementaux, des habitudes, une éducation, explique Roland Brandstaetter. Des stratégies de reprogrammation circadienne sont possibles. »
Son département teste actuellement ces « thérapies » sur plusieurs sportifs « de niveau international » -il nen livrera pas les noms- avec lobjectif de réduire les handicaps des uns et des autres. Rapprocher les hiboux et les alouettes, en somme. Un vrai travail de biologiste.
Et si Usain Bolt était juste un oiseau de nuit ? Et si le secret des grands champions tenait avant tout à leur rythme biologique ? Cest lhypothèse quavance une équipe de luniversité de Birmingham dans un article publié le 29 janvier dans la très sérieuse revue Current Biology. Au terme dune étude particulièrement détaillée, les chercheurs concluent que les performances physiques des sportifs - en loccurrence, des joueurs et joueuses de hockey sur gazon et de squash - peuvent varier de 26 % suivant les heures de la journée et que lève-tôt et lève-tard ne seront pas égaux face à la pendule.
Jusquici, des études avaient suggéré que les meilleures performances étaient obtenues le soir. Sans doute était-ce dû au hasard, mais cet horaire se trouvait coïncider avec les heures de plus fortes audiences télévisées La nouvelle étude bat ce résultat en brèche et souligne limportance du rythme biologique de chacun.
Lalouette et le hibou. Cela pourrait sonner comme une comptine pour enfant. Cest juste la métaphore qua choisie le département de biologie de luniversité de Birmingham pour étudier et différencier le rythme de 120 athlètes britanniques de niveau national. Pour être plus précis, après avoir été observés et interrogés, ils ont été classées en trois groupes : les lève-tôt, les couche-tard et les intermédiaires.
Les scientifiques en ont ensuite retenus vingt, représentant les trois catégories. Et les ont soumis à des tests cardiovasculaires à six moments de la journée. Les lève-tôt ont atteint leur pic de performance entre midi et 13 heures, les intermédiaires vers 16 heures et les couche-tard, autour de 20 heures. Jusquici, rien débouriffant.
Les oiseaux de nuit handicapés au réveil
Sauf que les différences apparaissent considérables : 7,6 % pour les matinaux, 10 % pour les intermédiaires et jusquà 26 % pour les oiseaux de nuit, particulièrement handicapés au réveil. « Quand on sait quune variation de 1 % peut séparer le 1er et le 4e dune finale olympique, imaginez ce que donne 26 % », insiste Roland Brandstaetter, professeur de biologie animale à Birmingham et cosignataire de létude.
Pour réduire les différences, peut-être suffit-il déveiller nos champions à la même heure ? Ou du moins, dobserver les performances en fonction de lheure naturelle de lever de chacun. Le résultat savère convaincant pour les deux premières catégories, qui atteignent leur pic de forme après le même temps de vie active - moins dune heure décart. Mais les hiboux restent des hiboux : eux mettent quatre heures de plus que les autres à trouver leur meilleure carburation.
Forts de ces résultats, les scientifiques invitent les entraîneurs à bien mesurer limportance des rythmes des athlètes. Déviter de les perturber inutilement lors des multiples voyages ou événements destinés à satisfaire les sponsors. Et de choisir avec soin leur moment, sils veulent optimiser la performance de leur poulain. Encore faut-il pouvoir le faire. Difficile de modifier lhoraire tardif dune finale de sprint ou lheure matinale dun marathon... « Dans ce cas, il faut sadapter, se préparer, revoir ses rythmes dentrainement, de lever, de coucher. La différence entre un lève-tôt et un couche-tard sexplique pour moitié par des facteurs génétiques, pour lautre moitié par des facteurs environnementaux, des habitudes, une éducation, explique Roland Brandstaetter. Des stratégies de reprogrammation circadienne sont possibles. »
Son département teste actuellement ces « thérapies » sur plusieurs sportifs « de niveau international » -il nen livrera pas les noms- avec lobjectif de réduire les handicaps des uns et des autres. Rapprocher les hiboux et les alouettes, en somme. Un vrai travail de biologiste.
Les sportifs à la merci de leur horloge interne
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