Grèce : la voie très étroite dun accord sur la dette
Quelle sera lissue de lEurogroupe de lundi 16 février, à Bruxelles, que tout le monde présente comme crucial, dans la lutte que se livrent Athènes et ses créanciers au premier rang desquels ses partenaires européens concernant la renégociation de son énorme dette (320 milliards deuros) ?
Jeudi 12 février, au lendemain dun premier face-à-face entre le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, et ses dix-huit homologues, qui devait être une mise en condition, mais qui a tourné au fiasco, un accord a quand même été trouvé entre le gouvernement de la gauche radicale anti-austérité Tsipras et le président de lEurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, pour que le dialogue ne soit pas rompu. Les équipes techniques experts du gouvernement grec et de la Commission européenne, en lien avec ceux de la Banque centrale européenne (BCE) , se sont mises au travail darrache-pied pour que le 16 février, à Bruxelles, un accord politique puisse être trouvé par les dix-neuf ministres des finances de la zone euro.
Lire aussi : Week-end marathon à Athènes avant lEurogroupe
Ils comparent la liste des réformes encore exigées par la « troïka » des créanciers dAthènes (BCE, Commission européenne, Fonds monétaire international), dans le cadre du plan actuel daide au pays (130 milliards deuros accordés en 2012), à celle quAlexis Tsipras sest engagé notamment devant les parlementaires grecs qui lui ont voté la confiance en début de semaine à mettre sur les rails. Embauches de fonctionnaires, mesures durgence « humanitaire », lutte contre la corruption et la fraude. Pour trouver des points communs et tenter détablir une nouvelle liste.
Pour les Européens, pas question de revenir sur la discipline budgétaire. Côté grec, certaines mesures, comme laugmentation du salaire minimum ou les embauches de fonctionnaires, sont des promesses de campagne qui ne seraient politiquement pas négociables. Leur coût devra donc être évalué.
« La troïka est morte ! »
Le scénario dun accord est sur la table. Les Européens ont ainsi fait une concession symbolique mais conséquente à lattention de Syriza. Plus question de parler officiellement depuis quarante-huit heures de la « troïka », chargée de vérifier lapplication des réformes incluses dans le deuxième plan daide et honnie des Grecs. On parle maintenant des « institutions », qui désignent, pour le moment, les mêmes interlocuteurs. Mais cela a permis à M. Tsipras, jeudi soir, à lissue de son premier conseil européen, de déclarer que « la troïka est morte ! »
Par ailleurs, selon plusieurs sources bruxelloises, les Européens commencent à travailler sur la possibilité dun troisième plan daide financière pour la Grèce. Il ne serait plus question dexiger des Grecs comme ce fut le cas encore lors de lEurogroupe raté du 11 février quils sollicitent une extension du deuxième plan daide, qui se termine le 28 février. Une démarche à laquelle M. Tsipras sest très clairement refusé ces derniers jours. Considérant que cela revient à endosser la politique de son prédécesseur, le premier ministre conservateur, Antonis Samaras.
« On peut imaginer quon ouvre la discussion sur le lancement dun troisième plan daide, avec une liste de réformes afférentes, à négocier, dont certaines seraient déjà prévues dans le deuxième plan », suggèrent deux sources européennes. Ce serait plus facilement acceptable, dun point de vue politique, par M. Tsipras. Mais cela présente le gros inconvénient de plonger la Grèce dans une zone dincertitude : « On ne trouvera pas un accord sur un troisième plan dici au 1er mars, la Grèce risque de se retrouver vulnérable, sans assistance financière. On ne sait pas comment pourraient réagir les marchés financiers, et les épargnants grecs », relève une source bruxelloise.
Prudence
Sans compter que les parlements nationaux de quatre pays de la zone euro devront se prononcer (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande) comme dailleurs pour lextension du deuxième plan daide. Et quoutre des problèmes de logistique le parlement finlandais part en vacances mi-mars pour cause de campagne électorale pas sûr que les députés donneront leur accord en fermant les yeux. Des débats ont déjà eu lieu ces derniers jours dans les hémicycles finlandais et néerlandais
Malgré ces débuts de concessions encore très sémantiques, la prudence prévalait vendredi. « Nous ne voulons pas susciter trop denthousiasme avant quun accord ne soit trouvé », a déclaré Gabriel Sakellaridis, porte-parole de M. Tsipras. M. Dijsselbloem se disait, lui, vraiment « pessimiste ». « Les Grecs ont de très grandes ambitions, mais les possibilités, étant donné létat de léconomie grecque, sont limitées. »
Quelle sera lissue de lEurogroupe de lundi 16 février, à Bruxelles, que tout le monde présente comme crucial, dans la lutte que se livrent Athènes et ses créanciers au premier rang desquels ses partenaires européens concernant la renégociation de son énorme dette (320 milliards deuros) ?
Jeudi 12 février, au lendemain dun premier face-à-face entre le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, et ses dix-huit homologues, qui devait être une mise en condition, mais qui a tourné au fiasco, un accord a quand même été trouvé entre le gouvernement de la gauche radicale anti-austérité Tsipras et le président de lEurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, pour que le dialogue ne soit pas rompu. Les équipes techniques experts du gouvernement grec et de la Commission européenne, en lien avec ceux de la Banque centrale européenne (BCE) , se sont mises au travail darrache-pied pour que le 16 février, à Bruxelles, un accord politique puisse être trouvé par les dix-neuf ministres des finances de la zone euro.
Lire aussi : Week-end marathon à Athènes avant lEurogroupe
Ils comparent la liste des réformes encore exigées par la « troïka » des créanciers dAthènes (BCE, Commission européenne, Fonds monétaire international), dans le cadre du plan actuel daide au pays (130 milliards deuros accordés en 2012), à celle quAlexis Tsipras sest engagé notamment devant les parlementaires grecs qui lui ont voté la confiance en début de semaine à mettre sur les rails. Embauches de fonctionnaires, mesures durgence « humanitaire », lutte contre la corruption et la fraude. Pour trouver des points communs et tenter détablir une nouvelle liste.
Pour les Européens, pas question de revenir sur la discipline budgétaire. Côté grec, certaines mesures, comme laugmentation du salaire minimum ou les embauches de fonctionnaires, sont des promesses de campagne qui ne seraient politiquement pas négociables. Leur coût devra donc être évalué.
« La troïka est morte ! »
Le scénario dun accord est sur la table. Les Européens ont ainsi fait une concession symbolique mais conséquente à lattention de Syriza. Plus question de parler officiellement depuis quarante-huit heures de la « troïka », chargée de vérifier lapplication des réformes incluses dans le deuxième plan daide et honnie des Grecs. On parle maintenant des « institutions », qui désignent, pour le moment, les mêmes interlocuteurs. Mais cela a permis à M. Tsipras, jeudi soir, à lissue de son premier conseil européen, de déclarer que « la troïka est morte ! »
Par ailleurs, selon plusieurs sources bruxelloises, les Européens commencent à travailler sur la possibilité dun troisième plan daide financière pour la Grèce. Il ne serait plus question dexiger des Grecs comme ce fut le cas encore lors de lEurogroupe raté du 11 février quils sollicitent une extension du deuxième plan daide, qui se termine le 28 février. Une démarche à laquelle M. Tsipras sest très clairement refusé ces derniers jours. Considérant que cela revient à endosser la politique de son prédécesseur, le premier ministre conservateur, Antonis Samaras.
« On peut imaginer quon ouvre la discussion sur le lancement dun troisième plan daide, avec une liste de réformes afférentes, à négocier, dont certaines seraient déjà prévues dans le deuxième plan », suggèrent deux sources européennes. Ce serait plus facilement acceptable, dun point de vue politique, par M. Tsipras. Mais cela présente le gros inconvénient de plonger la Grèce dans une zone dincertitude : « On ne trouvera pas un accord sur un troisième plan dici au 1er mars, la Grèce risque de se retrouver vulnérable, sans assistance financière. On ne sait pas comment pourraient réagir les marchés financiers, et les épargnants grecs », relève une source bruxelloise.
Prudence
Sans compter que les parlements nationaux de quatre pays de la zone euro devront se prononcer (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande) comme dailleurs pour lextension du deuxième plan daide. Et quoutre des problèmes de logistique le parlement finlandais part en vacances mi-mars pour cause de campagne électorale pas sûr que les députés donneront leur accord en fermant les yeux. Des débats ont déjà eu lieu ces derniers jours dans les hémicycles finlandais et néerlandais
Malgré ces débuts de concessions encore très sémantiques, la prudence prévalait vendredi. « Nous ne voulons pas susciter trop denthousiasme avant quun accord ne soit trouvé », a déclaré Gabriel Sakellaridis, porte-parole de M. Tsipras. M. Dijsselbloem se disait, lui, vraiment « pessimiste ». « Les Grecs ont de très grandes ambitions, mais les possibilités, étant donné létat de léconomie grecque, sont limitées. »
Grèce : la voie très étroite dun accord sur la dette
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