jeudi 19 février 2015

FIFA : le candidat Luis Figo dévoile son programme

FIFA : le candidat Luis Figo dévoile son programme



C'est dans l'enceinte du « Temple du football » que l'ex-star portugaise Luis Figo a officiellement lancé sa campagne pour la présidence de la Fédération internationale de football (FIFA). Au stade de Wembley, à Londres, le Ballon d'or 2000 a dévoilé, mercredi 19 février, son programme en rendant public son « Manifeste pour le football ».



« J'ai été très chanceux et heureux d'avoir la possibilité de jouer et de m'entraîner dès mon très jeune âge. Mais cette occasion n'existe pas pour beaucoup d'enfants à travers le monde, donc résoudre ce problème sera un point clé sous ma présidence », écrit l'ex-joueur de 42 ans en préambule de son manifeste.



L'ancien milieu du FC Barcelone (1995-2000), du Real Madrid (2000-2005) et de l'Inter Milan (2005-2009) milite d'abord pour une redistribution plus large des revenus de la FIFA vers les 209 fédérations nationales qui composent son Congrès. « Cinquante pour cent des revenus de la FIFA, soit 2,5 milliards de dollars, devraient être distribués directement aux associations membres par solidarité sur quatre ans », avance Luis Figo. Le Lusitanien précise, chiffres à l'appui, la répartition des sommes reversées.



« Deux millions de dollars par an doivent être distribués à chaque association pour le développement du football, détaille celui qui s'est officiellement présenté à la présidence de la FIFA le 28 janvier, soit quelques heures avant la date limite de dépôt des candidatures. Trois cent millions de dollars doivent être distribués aux associations qui sont dans le plus grand besoin. Les réserves de la FIFA appartiennent aux associations membres. Les réserves actuelles s'élèvent à 1,5 milliard de dollars (…). Une réserve de 500 millions de dollars est suffisante pour couvrir les besoins opérationnels de la FIFA. Je propose donc qu'un million de dollars soient redistribués aux associations membres sur les réserves de 1,5 milliard. »



UN MONDIAL À 40 OU 48 ÉQUIPES ?



Le natif d'Almada assure par ailleurs vouloir ouvrir un débat devant le Congrès de la FIFA sur « l'avenir » de la Coupe du monde. Le Portugais décline trois propositions : soit s'en tenir au statu quo en conservant la formule actuelle avec 32 nations participantes, soit élargir le tournoi planétaire à 40 équipes « avec huit groupes de cinq équipes », soit l'ouvrir à 48 équipes avec deux tournois de vingt-quatre sélections organisés simultanément sur deux continents, « par exemple Amériques et Asie, Océanie ou Afrique et Europe, suivis d'une phase finale programmée dans un autre pays ». En cas d'élargissement, Luis Figo propose de « donner du poids aux nations non européennes ».



Sur le plan institutionnel, le Lusitanien entend « renforcer » les pouvoirs du Congrès de la FIFA, qui a déjà le pouvoir d'attribuer la Coupe du monde. « Le Congrès décidera des sommes à reverser au titre de la solidarité et des investissements faits pour le développement du football », promet-il. Prêtant le flanc aux critiques depuis le 2 décembre 2010 et le vote d'attribution des Mondiaux 2018 et 2022, respectivement à la Russie et au Qatar, le comité exécutif de la FIFA sera, lui, « démocratisé » en fonction « de critères démographiques et sportifs ».



« Chaque confédération disposera d'un siège pour dix associations membres, chaque confédération aura un siège supplémentaire pour chacune de ses associations membres qui a gagné la Coupe du monde (masculine). La conséquence immédiate est la création d'un siège supplémentaire pour l'AFC (Asie), la CAF (Afrique), la Concacaf (Amérique du Nord et Caraïbes) et la Conmebol (Amérique du Sud) », détaille Luis Figo.



MANDAT PRÉSIDENTIEL LIMITÉ À DOUZE ANS



Le quadragénaire propose de créer un « Comité indépendant de gouvernance, d'audit et de conformité qui aura la charge de superviser le président de la FIFA et l'organisation entière. » Il prône la mise en place d'un « conseil football », dont le rôle sera de « conseiller le président de la FIFA et le comité exécutif sur des questions stratégiques comme le calendrier, le format des compétitions, les règles du jeu et les stratégies pour le développement du football ». Cet organe sera « composé de membres éminemment respectés de la communauté du football (anciens joueurs, entraîneurs, manageurs) ». Sur le plan administratif, Luis Figo souhaite que « 50 % des salariés de la FIFA soient originaires de pays non européens ».



Dans son manifeste, le Portugais entend soumettre au « congrès la proposition de limiter le mandat présidentiel à douze ans ». L'ex-joueur pointe ainsi implicitement les règnes longs, voire interminables, du Brésilien Joao Havelange (1974-1998) et de l'actuel dirigeant, Joseph Blatter, 78 ans, en poste depuis 1998 et qui briguera le 29 mai un cinquième mandat.



Le Portugais entend également rapprocher la FIFA de l'Union des associations européennes de football (UEFA), dénonçant l'actuel « conflit » entre les deux institutions. Une guerre vivace qui prend ses racines dans la rivalité acerbe entre le Français Michel Platini, patron du football européen depuis 2007 et candidat en mars à un troisième mandat, et son ancien mentor « Sepp » Blatter.



A l'inverse de l'ex-meneur de jeu des Bleus, Luis Figo défend la goal-line technology, qui permet de vérifier, vidéo à l'appui, si le ballon a bien franchi la ligne de but. Un procédé qui a notamment fait ses preuves lors du Mondial 2014 au Brésil. Partisan d'un retour à « l'ancienne règle » du hors-jeu, « où le joueur est déclaré hors jeu même s'il n'est pas directement impliqué dans l'action », il milite par ailleurs pour un « débat sur l'utilisation de la technologie » dans l'arbitrage. Sur un plan sanitaire, il défend le passeport biologique et entend « renforcer les programmes antidopages et tests sanguins et urinaires ».



SOUTIENS MULTIPLES



Attraction médiatique de cette élection, l'ancien international portugais (127 sélections entre 1991 et 2006) avait assuré, à la fin de janvier, que l'attribution controversée des Mondiaux 2018 et 2022 était à l'origine de sa candidature. « Quand j'ai vu que le rapport de Michael J. Garcia ne serait pas publié, j'ai pensé que c'était le moment de faire bouger les choses. Si vous êtes transparent, si vous demandez une enquête et que vous n'avez rien à cacher, pourquoi ne pas rendre ce rapport public ? », s'était alors interrogé le Ballon d'or 2000.



Finaliste de l'Euro 2004 et arrivé troisième du Mondial 2006 avec le Portugal, Luis Figo avait recueilli cinq parrainages émanant de fédérations nationales, condition sine qua non pour voir sa candidature validée. « C'est une élection difficile, mais Luis fera preuve de ténacité pour faire valoir ses points de vue sur ce dont a besoin le football », avait indiqué la Fédération portugaise de football, qui soutenait naturellement son compatriote.



Fin mai, lors du congrès de Zurich, Luis Figo affrontera le président sortant Joseph Blatter, le prince Jordanien Ali Bin Al-Hussein, vice-président de la FIFA, et Michael van Praag, dirigeant de la Fédération hollandaise. Depuis 2011, l'ex-star lusitanienne, formée au Sporting Lisbonne, qui totalise 577 matchs en club, était membre de la commission du football de l'Union des associations européennes de football (UEFA).



Le stratège de la Selecçao avait mis un terme à sa carrière en 2009. Au cours de sa longue et riche carrière, il s'est notamment forgé un palmarès éloquent (24 titres en club dont une Ligue des champions en 2002 avec le Real Madrid, quatre titres de champion d'Italie et deux titres de champion d'Espagne).



Luis Figo a notamment reçu le soutien de son ancien entraîneur à l'Inter Milan (2008-2009) et compatriote José Mourinho. Les deux hommes avaient également travaillé ensemble lorsque le « Special One » était entraîneur adjoint au Sporting Lisbonne (1992-1994) et au FC Barcelone (1996-2000). L'ex-capitaine de la sélection du Portugal a également reçu l'appui de l'ancien défenseur blaugrana (1989-1995) Ronald Koeman, de l'ex-attaquant du Milan AC Marco Simone, de son ancien coéquipier intériste Patrick Vieira ainsi que de la star anglaise David Beckham.



Alors qu'il a renoncé à se présenter, l'ex-patron de la Fédération chilienne Harold Mayne-Nicholls avait laissé entendre, le 29 janvier, que Luis Figo serait le candidat soutenu par l'UEFA. « La candidature de Luis Figo a été mise en avant par Michel Platini », avait-il estimé. « Nous attendons d'en savoir davantage sur leurs programmes pour l'instance et pour le jeu », avait de son côté déclaré Pedro Pinto, porte-parole de l'UEFA. L'organisation européenne est actuellement la seule des six confédérations à ne pas avoir soutenu Joseph Blatter.








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