En Irlande, les Bleus perdent la bataille de la discipline
Pour le grand Chelem, cest râpé et ce, dès la deuxième journée des Six nations. Pour remporter le tournoi lui-même, tout nest pas perdu mais déjà fort compromis. Le XV de France comptait profiter de son escapade à Dublin en ce jour de Saint-Valentin, samedi 14 février, pour repeindre son vestiaire en rose. Le voilà replongé dans la grisaille après une défaite (18-11) à Lansdowne Road qui fait le bonheur de son hôte irlandais, favori (non assumé) avant la rencontre, tenant du titre et désormais idéalement placé pour se succéder.
En conséquence, le sélectionneur Philippe Saint-André (PSA) avait retrouvé sa tête des mauvais jours, mine de Calimero et gorge quelque peu nouée, qui constituent lordinaire de léquipe de France depuis sa nomination en décembre 2011. « On est déçus, il y avait la place de faire bien mieux », a-t-il lâché sans réellement convaincre son auditoire.
Certes, mais quest-ce que « faire bien mieux » ? Réponse : « On ne doit pas perdre aujourdhui ». Cela fait sens si lon précise que ses hommes ont eu 54 % de la possession du ballon et du territoire. Seulement une défaite ou une victoire ne peut se réduire à des statistiques, nen déplaise aux laborantins du sport. Car le XV de France, sil ne méritait pas de sincliner (C.Q.F.D.) selon PSA, ne fut non plus jamais en mesure de lemporter. Mené 18-6 à douze minutes du terme, il aurait pu au mieux arracher légalité des points dans les dernières secondes. Et les fans irlandais, qui frémirent tout de même dans ces ultimes instants, se seraient, eux arraché, leurs cheveux roux.
« Enthousiasme »
Il a donc bien fallu se résoudre à une autocritique : le technicien a pointé l« indiscipline » manifeste en première mi-temps, linfériorité dans la conquête des ballons aériens (80 % de ceux-ci ont été perdus pendant cette période) et les pénalités concédées, quatorze, sachant quau-delà de onze la situation devient critique, sinon désespérée pour une victoire.
Les satisfactions, ensuite : au premier rang, « le très bel essai » inscrit par le remplaçant Romain Taofifénua, deuxième ligne toulonnais, à dix minutes de la fin. Ce fut dailleurs le seul de la rencontre. De fait, les Bleus, se sont montrés paradoxalement plus volontaristes et plus tranchants que lors de leur victoire initiale contre lEcosse (15-8), le 7 février, obtenue grâce à des coups de pieds devant les bâillements des supporteurs du Stade de France. Ce succès avait provisoirement soulagé Saint-André de sa lourde croix, il vient den hériter dune autre, de facture celtique.
Autre point positif, spécifié cette fois par le capitaine Thierry Dusautoir, la contribution des remplaçants (Romain Toafifenua, donc, mais aussi Vincent Debaty, Uini Atonio ou Rémi Lamerat) à leffort collectif et lapport de leur « enthousiasme » alors quen première mi-temps, le salut offensif français ne semblait passer que par les percussions dévastatrices de Mathieu Bastareaud. On ne saurait mieux dire puisque cest grâce à eux que les Bleus se sont montrés enfin dangereux, mais pas au point de pousser leurs adversaires « à la limite de la rupture, même plus quà la limite », comme sest hasardé Saint-André.
In fine, celui-ci a donc vu « beaucoup de choses positives dans ce match », ce que ne laissait pas présager son ton contrit initial. A ce chapitre, on peut ajouter lengagement du deuxième ligne toulousain Yoann Maestri, impérial dans les plaquages et en touche. En revanche, le débat risque dêtre relancé sur lapport des Sud-africains, larrière Scott Spedding et le demi de mêlée Rory Kockott, peu convaincants.
Guerriers verts
La discipline, qui a tant fait défaut au XV de France, est précisément le maître mot inlassablement répété par le sélectionneur néo-zélandais Joe Schmidt à celui du trèfle. Et appliqué à la lettre. Avec lui, lIrlande vient denchaîner une neuvième victoire consécutive (précédemment contre lAustralie et lAfrique du sud) et na pas plus perdu depuis un an. Lîle vainc enfin les Bleus dans son stade de Lansdowne Road rénové en 2010. Plus vifs, plus farfadets, plus verts, les locaux ont su échapper au défi physique que risquaient de leur imposer leurs adversaires, rapidement privés il est vrai de leur feu follet, lailier Teddy Thomas.
Les spectateurs de Lansdowne Road ont surtout retrouvé avec joie leur ouvreur de génie, le Racingman Jonathan Sexton, absent des terrains pendant douze semaines pour des blessures à la tête provoquées par des K-O répétés. Nullement perturbé par les provocations de ses coéquipiers de club (le troisième Sud-Africain, Bernard Le Roux, ou le pilier Eddy Ben Arous, pour la première fois titulaire) qui lavaient désigné comme cible prioritaire et même menacé, lartiste a réalisé un sans-faute en transformant ses cinq pénalités, la sixième de son équipe étant exécutée avec autant de succès par son remplaçant temporaire, Ian Madigan. Son alter ego Camille Lopez na pas connu la même fortune puisque le Clermontois a échoué dans une tentative et raté la transformation après lessai français.
« LIrlande est favorite du Tournoi des six nations et de la Coupe du monde », a conclu avec évidence Saint-André. Ce qui nest pas la meilleure des nouvelles puisque les Français retrouveront les guerriers verts le 11 octobre au Stade du Millenium de Cardiff pour ce qui devrait être lattribution de la première place du groupe D. Le diplomate Joe Schmidt estime que « dans six mois, ce sera une autre histoire », ce quévidemment chaque supporteur des Bleus appelle de ses vux.
Dans limmédiat, les préoccupations de PSA sont entièrement tournées vers la réception du pays de Galles à Saint-Denis le 28 février. Le vainqueur du tournoi pourrait se décider lors de cette troisième journée avec le choc Irlande-Angleterre le 1er mars à Dublin. Hôtes du Mondial, les Anglais ont balayé lItalie samedi à Twickenham (47-17). Ecosse et Galles ont chacun loccasion de se relancer avec leur confrontation dimanche 15 février à Murrayfield.
De fait, le Trèfle et la Rose sont plus que jamais les deux prétendants de lHémisphère nord à la conquête du trophée suprême. Pour la France, finaliste inattendue du Mondial néo-zélandais 2011, on en est loin. Mais la marge de progression de PSA est encore large : sous son magistère, le Coq na jamais fait mieux que quatrième en trois éditions du Tournoi des six nations et il a même récolté une cuiller en bois en 2013.
Surpris par labsence de traducteur à Lansdowne Road, lancien trois-quarts et entraîneur de Gloucester sest chargé des questions en anglais et ses réponses navaient pas tout à fait la même teneur dans cette langue. « Je ne pense pas quon soit aussi mauvais que ce que les gens pensent », a-t-il ainsi glissé.
Pour le grand Chelem, cest râpé et ce, dès la deuxième journée des Six nations. Pour remporter le tournoi lui-même, tout nest pas perdu mais déjà fort compromis. Le XV de France comptait profiter de son escapade à Dublin en ce jour de Saint-Valentin, samedi 14 février, pour repeindre son vestiaire en rose. Le voilà replongé dans la grisaille après une défaite (18-11) à Lansdowne Road qui fait le bonheur de son hôte irlandais, favori (non assumé) avant la rencontre, tenant du titre et désormais idéalement placé pour se succéder.
En conséquence, le sélectionneur Philippe Saint-André (PSA) avait retrouvé sa tête des mauvais jours, mine de Calimero et gorge quelque peu nouée, qui constituent lordinaire de léquipe de France depuis sa nomination en décembre 2011. « On est déçus, il y avait la place de faire bien mieux », a-t-il lâché sans réellement convaincre son auditoire.
Certes, mais quest-ce que « faire bien mieux » ? Réponse : « On ne doit pas perdre aujourdhui ». Cela fait sens si lon précise que ses hommes ont eu 54 % de la possession du ballon et du territoire. Seulement une défaite ou une victoire ne peut se réduire à des statistiques, nen déplaise aux laborantins du sport. Car le XV de France, sil ne méritait pas de sincliner (C.Q.F.D.) selon PSA, ne fut non plus jamais en mesure de lemporter. Mené 18-6 à douze minutes du terme, il aurait pu au mieux arracher légalité des points dans les dernières secondes. Et les fans irlandais, qui frémirent tout de même dans ces ultimes instants, se seraient, eux arraché, leurs cheveux roux.
« Enthousiasme »
Il a donc bien fallu se résoudre à une autocritique : le technicien a pointé l« indiscipline » manifeste en première mi-temps, linfériorité dans la conquête des ballons aériens (80 % de ceux-ci ont été perdus pendant cette période) et les pénalités concédées, quatorze, sachant quau-delà de onze la situation devient critique, sinon désespérée pour une victoire.
Les satisfactions, ensuite : au premier rang, « le très bel essai » inscrit par le remplaçant Romain Taofifénua, deuxième ligne toulonnais, à dix minutes de la fin. Ce fut dailleurs le seul de la rencontre. De fait, les Bleus, se sont montrés paradoxalement plus volontaristes et plus tranchants que lors de leur victoire initiale contre lEcosse (15-8), le 7 février, obtenue grâce à des coups de pieds devant les bâillements des supporteurs du Stade de France. Ce succès avait provisoirement soulagé Saint-André de sa lourde croix, il vient den hériter dune autre, de facture celtique.
Autre point positif, spécifié cette fois par le capitaine Thierry Dusautoir, la contribution des remplaçants (Romain Toafifenua, donc, mais aussi Vincent Debaty, Uini Atonio ou Rémi Lamerat) à leffort collectif et lapport de leur « enthousiasme » alors quen première mi-temps, le salut offensif français ne semblait passer que par les percussions dévastatrices de Mathieu Bastareaud. On ne saurait mieux dire puisque cest grâce à eux que les Bleus se sont montrés enfin dangereux, mais pas au point de pousser leurs adversaires « à la limite de la rupture, même plus quà la limite », comme sest hasardé Saint-André.
In fine, celui-ci a donc vu « beaucoup de choses positives dans ce match », ce que ne laissait pas présager son ton contrit initial. A ce chapitre, on peut ajouter lengagement du deuxième ligne toulousain Yoann Maestri, impérial dans les plaquages et en touche. En revanche, le débat risque dêtre relancé sur lapport des Sud-africains, larrière Scott Spedding et le demi de mêlée Rory Kockott, peu convaincants.
Guerriers verts
La discipline, qui a tant fait défaut au XV de France, est précisément le maître mot inlassablement répété par le sélectionneur néo-zélandais Joe Schmidt à celui du trèfle. Et appliqué à la lettre. Avec lui, lIrlande vient denchaîner une neuvième victoire consécutive (précédemment contre lAustralie et lAfrique du sud) et na pas plus perdu depuis un an. Lîle vainc enfin les Bleus dans son stade de Lansdowne Road rénové en 2010. Plus vifs, plus farfadets, plus verts, les locaux ont su échapper au défi physique que risquaient de leur imposer leurs adversaires, rapidement privés il est vrai de leur feu follet, lailier Teddy Thomas.
Les spectateurs de Lansdowne Road ont surtout retrouvé avec joie leur ouvreur de génie, le Racingman Jonathan Sexton, absent des terrains pendant douze semaines pour des blessures à la tête provoquées par des K-O répétés. Nullement perturbé par les provocations de ses coéquipiers de club (le troisième Sud-Africain, Bernard Le Roux, ou le pilier Eddy Ben Arous, pour la première fois titulaire) qui lavaient désigné comme cible prioritaire et même menacé, lartiste a réalisé un sans-faute en transformant ses cinq pénalités, la sixième de son équipe étant exécutée avec autant de succès par son remplaçant temporaire, Ian Madigan. Son alter ego Camille Lopez na pas connu la même fortune puisque le Clermontois a échoué dans une tentative et raté la transformation après lessai français.
« LIrlande est favorite du Tournoi des six nations et de la Coupe du monde », a conclu avec évidence Saint-André. Ce qui nest pas la meilleure des nouvelles puisque les Français retrouveront les guerriers verts le 11 octobre au Stade du Millenium de Cardiff pour ce qui devrait être lattribution de la première place du groupe D. Le diplomate Joe Schmidt estime que « dans six mois, ce sera une autre histoire », ce quévidemment chaque supporteur des Bleus appelle de ses vux.
Dans limmédiat, les préoccupations de PSA sont entièrement tournées vers la réception du pays de Galles à Saint-Denis le 28 février. Le vainqueur du tournoi pourrait se décider lors de cette troisième journée avec le choc Irlande-Angleterre le 1er mars à Dublin. Hôtes du Mondial, les Anglais ont balayé lItalie samedi à Twickenham (47-17). Ecosse et Galles ont chacun loccasion de se relancer avec leur confrontation dimanche 15 février à Murrayfield.
De fait, le Trèfle et la Rose sont plus que jamais les deux prétendants de lHémisphère nord à la conquête du trophée suprême. Pour la France, finaliste inattendue du Mondial néo-zélandais 2011, on en est loin. Mais la marge de progression de PSA est encore large : sous son magistère, le Coq na jamais fait mieux que quatrième en trois éditions du Tournoi des six nations et il a même récolté une cuiller en bois en 2013.
Surpris par labsence de traducteur à Lansdowne Road, lancien trois-quarts et entraîneur de Gloucester sest chargé des questions en anglais et ses réponses navaient pas tout à fait la même teneur dans cette langue. « Je ne pense pas quon soit aussi mauvais que ce que les gens pensent », a-t-il ainsi glissé.
En Irlande, les Bleus perdent la bataille de la discipline
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire