A la banque HSBC, de limportance dêtre discret
Siège de HSBC Private Bank, Genève. Un ingénieur français à la retraite fait tourner entre ses doigts une boîte dallumettes pour occuper ses mains. Tant quil ne lemporte pas, tout va bien, le prévient le banquier. Si les douaniers le contrôlent avec cette pochette frappée du logo de la banque, il pourrait aller directement en prison.
Si banquiers et clients font attention aux traces quils laissent, cest quils font de la fraude fiscale ou du blanchiment dargent. Dans les mois précédant la mise en place de la taxe européenne sur lépargne (ESD), le 1er juillet 2005, les échanges entre les banquiers et leurs clients européens, que Le Monde a pu consulter, révèlent la pression que les banquiers font subir à leur clientèle. Le but est de leur permettre déviter cette nouvelle taxe : déplacer leurs avoirs à létranger ou mettre en place des « panaméennes », sociétés offshore basées au Panama.
Linstauration de lESD a par ailleurs un intérêt pour HSBC : cette taxe européenne ne concerne que les personnes morales, la création dune société offshore peut être envisagée pour léviter. Et cette solution est fructueuse pour la banque, qui empoche régulièrement les frais de création entre 3 000 et 7 000 euros et de gestion autour de 1 500 euros annuels de la « panaméenne ». Un encouragement à lévitement fiscal qui a valu à la banque une mise en examen pour « blanchiment en bande organisée de fraude fiscale ».
Banque restante
Le transfert du compte dans une autre filiale non européenne de HSBC et la création dune société écran sont les deux solutions qui sont proposées en juin 2005 à un retraité vivant dans le 3e arrondissement de Paris. Ce jour-là, alors quil nétait pas venu depuis 1999, il passe un certain temps à éplucher tous les courriers que la banque a conservés. Comme lui, 76 % des clients de HSBC ont adopté le dispositif de banque restante en 2006. Il permet aux clients de ne recevoir aucune communication officielle de la banque à leur domicile. « Selon les marchés, les clients pouvaient choisir le système de banque restante pour de simples raisons de sécurité », rassure cependant le directeur des affaires juridiques de HSBC devant les juges.
La banque restante nest pas la seule disposition que les banquiers recommandent. Un client ne contacte la banque que depuis une cabine téléphonique. Et si le banquier vient au domicile du client, il lui recommande de déchirer systématiquement les documents griffonnés et échangés. Une rencontre en dehors de lagence, qui plus est dans un autre pays, est considérée comme du démarchage bancaire illicite, un des chefs daccusation retenus contre HSBC par les juges Van Ruymbeke et Bilger.
Sécurité, fraude fiscale dun côté, démarchage de lautre. La banque se soucie avant tout de la discrétion des échanges, au risque de déplaire au client. Ils omettent ainsi le nom et le montant des transactions lorsquils jugent que les « adresses e-mail sur Hotmail » quutilise le client ne sont pas assez fiables.
Mais toutes ces précautions nont pas beaucoup servi. Un simple informaticien de la banque a pu télécharger et déchiffrer de nombreuses bases de données. Et lingénierie de ladministration fiscale française a su aller au-delà des sociétés écrans et pseudonymes pour retrouver les vrais propriétaires des avoirs, dont certains ont également rencontré sur leur chemin la justice.
Siège de HSBC Private Bank, Genève. Un ingénieur français à la retraite fait tourner entre ses doigts une boîte dallumettes pour occuper ses mains. Tant quil ne lemporte pas, tout va bien, le prévient le banquier. Si les douaniers le contrôlent avec cette pochette frappée du logo de la banque, il pourrait aller directement en prison.
Si banquiers et clients font attention aux traces quils laissent, cest quils font de la fraude fiscale ou du blanchiment dargent. Dans les mois précédant la mise en place de la taxe européenne sur lépargne (ESD), le 1er juillet 2005, les échanges entre les banquiers et leurs clients européens, que Le Monde a pu consulter, révèlent la pression que les banquiers font subir à leur clientèle. Le but est de leur permettre déviter cette nouvelle taxe : déplacer leurs avoirs à létranger ou mettre en place des « panaméennes », sociétés offshore basées au Panama.
Linstauration de lESD a par ailleurs un intérêt pour HSBC : cette taxe européenne ne concerne que les personnes morales, la création dune société offshore peut être envisagée pour léviter. Et cette solution est fructueuse pour la banque, qui empoche régulièrement les frais de création entre 3 000 et 7 000 euros et de gestion autour de 1 500 euros annuels de la « panaméenne ». Un encouragement à lévitement fiscal qui a valu à la banque une mise en examen pour « blanchiment en bande organisée de fraude fiscale ».
Banque restante
Le transfert du compte dans une autre filiale non européenne de HSBC et la création dune société écran sont les deux solutions qui sont proposées en juin 2005 à un retraité vivant dans le 3e arrondissement de Paris. Ce jour-là, alors quil nétait pas venu depuis 1999, il passe un certain temps à éplucher tous les courriers que la banque a conservés. Comme lui, 76 % des clients de HSBC ont adopté le dispositif de banque restante en 2006. Il permet aux clients de ne recevoir aucune communication officielle de la banque à leur domicile. « Selon les marchés, les clients pouvaient choisir le système de banque restante pour de simples raisons de sécurité », rassure cependant le directeur des affaires juridiques de HSBC devant les juges.
La banque restante nest pas la seule disposition que les banquiers recommandent. Un client ne contacte la banque que depuis une cabine téléphonique. Et si le banquier vient au domicile du client, il lui recommande de déchirer systématiquement les documents griffonnés et échangés. Une rencontre en dehors de lagence, qui plus est dans un autre pays, est considérée comme du démarchage bancaire illicite, un des chefs daccusation retenus contre HSBC par les juges Van Ruymbeke et Bilger.
Sécurité, fraude fiscale dun côté, démarchage de lautre. La banque se soucie avant tout de la discrétion des échanges, au risque de déplaire au client. Ils omettent ainsi le nom et le montant des transactions lorsquils jugent que les « adresses e-mail sur Hotmail » quutilise le client ne sont pas assez fiables.
Mais toutes ces précautions nont pas beaucoup servi. Un simple informaticien de la banque a pu télécharger et déchiffrer de nombreuses bases de données. Et lingénierie de ladministration fiscale française a su aller au-delà des sociétés écrans et pseudonymes pour retrouver les vrais propriétaires des avoirs, dont certains ont également rencontré sur leur chemin la justice.
A la banque HSBC, de limportance dêtre discret
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